juil 22
Toulouse est une ville très en retard sur le plan de la piétonnisation. Nos prédecesseurs à la mairie n’ont pas été très courageux sur ce plan là, et d’ailleurs continuent de ne pas l’être : Blog de Jean-Luc Moudenc… Nous partons de loin si l’on se compare à des villes telles que Strasbourg ou Montpellier [...] [...more]
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Tags: Pietonnisation, toulouse, Urbanisme
Toulouse est une ville très en retard sur le plan de la piétonnisation. Nos prédecesseurs à la mairie n’ont pas été très courageux sur ce plan là, et d’ailleurs continuent de ne pas l’être : Blog de Jean-Luc Moudenc…
Nous partons de loin si l’on se compare à des villes telles que Strasbourg ou Montpellier les responsables politiques ont jusqu’ici eu peur de bouleverser les comportements des toulousains et de devoir se confronter à certains acteurs influents du commerce qui restent convaincus que si leurs clients ne peuvent pas venir facilement en voiture au centre-ville ils risquent de voir leur chiffre d’affaire décliner.
Bien entendu, il faut souligner les avancées qui ont eu lieu sur l’Avenue Alsace-Lorraine depuis l’ouverture de la ligne B du métro, mais cette progression s’est faite au coup par coup sans aucune vision d’ensemble, et cet axe majeur de la ville ne deviendra vraiment agréable qu’à l’issue des travaux que la Mairie a lancé pour une durée de trois ans.
Les autres rues du périmètre historique n’étaient aujourd’hui que semi-piétonnes (rue Saint-Antoine du T, rue du Taur, rue des Filatiers, et toutes les rues pavés du secteur), voire à priorité voiture avec stationnement autorisé (Gambetta, Lafayette, rue des Lois, Pargaminières..), une situation qui continue de surprendre de nombreux visiteurs de la Ville qui s’étonnent du fait que nous ne sachions pas mettre mieux en valeur notre patrimoine.
La rue qui illustre le mieux cette situation est sans doute la rue Lafayette, au sein de laquelle des milliers de piétons passent chaque jour et sont censés se croiser (on ne sait pas trop comment…) sur des trottoirs d’environ 1m50, pendant que les voitures passent sur 2 voies (forcément au pas pour ne pas risquer d’écraser les passants…)
La mairie de Toulouse a lancé un concours d’urbanisme pour que des équipes proposent des projets pour le centre-Ville pour la partie comprise dans la ceinture des boulevards et en y intégrant Saint-Cyprien, mais aussi les allées Jean-Jaurès et la rue Bayard. C’est incontestablement la bonne méthode car elle permettra d’avoir un plan d’ensemble pour un projet à long terme avec une vision globale. On attendra avec impatience la présentation des projets cet automne.
Pour autant, cela ne suffit pas pour rattraper le retard pris jusqu’ici et il nous faut mettre les bouchées doubles pour mettre en oeuvre un projet de réorganisation des mobilités dans le centre-ville.
C’est pour cette raison que les élus Verts ont adressé à Pierre Cohen et aux équipes d’urbanistes une contribution pour une piétonnisation ambitieuse du centre-ville. Ce projet différencie deux temporalités pour la mise en oeuvre d’un projet : aménagements en 2011 et grand projet 2014, et propose une réglementation différenciée des voiries en fonction des usages, allant de la zone piétonne à la voirie classique en passant par la zone de rencontre.
Je ne détaillerai pas ce projet ici, et vous conseillerai plutôt la lecture du document de 4 pages proposé en téléchargement sur le site des élus Verts. Mais il semble que le projet à court-terme reçoive un très bon écho de la part des toulousains et je me surprend à rêver qu’il puisse être mis en oeuvre par la municipalité dès 2011.
En effet, ce projet nécessite très peu de travaux, ne demande pas la disparition des parkings souterrains de l’hyper-centre, et vise avant tout à dissuader les trafics de transit dans l’hyper-centre et à valoriser les autres modes de déplacement (piétons et cycles).
Aujourd’hui, si vous vous placez au-niveau de la place du Capitole et que vous comptabilisez tous les véhicules qui la quitte en empruntant la rue Gambetta, la rue des Lois et la rue du Taur vous pouvez mesurer précisément le nombre de véhicules qui transitent par la place sans avoir l’intention de se garer au parking souterrain… Etant donné que la sortie du parking se situe au niveau de la rue de la pomme, c’est très facile de comparer les flux de transit et les véhicules qui accèdent au parking… L’exercice serait intéressant à faire sur une année et à comparer avec les résultats d’autres grandes villes de France… Notre proposition vise à rendre totalement piétonnes les rues qui ne desservent pas le parking, et toutes les rues pavées de l’écusson historique. Des accès sont maintenus en entrée (rue de Rémusat) et en sortie (rue des Lois). Nous proposons également la mise en place d’un nouvel itinéraire de navettes électriques, ainsi que la mise en place d’un stationnement sécurisé gratuit pour les vélos dans les parkings souterrains d’Esquirol ou du Capitole…
Imaginez-vous un instant marcher tranquillement entre la place Saint-Georges et la place Wilson dans la rue Saint-Antoine du T sans craindre l’arrivée d’un véhicule, imaginez-vous rejoindre la Garonne depuis le Capitole par les rues Gambetta et Pargaminières sans vous percher sur des trottoirs trop petis, imaginez-vous déambuler dans un charmant labyrinthe de rues et de placettes entre Esquirol et le Capitole… Place de la Bourse, Place Salengro, place Saint-Georges ou place de la Trinité, pas de bruits de moteurs, pas de pots d’échappement, hormis les passages des livreurs (à certains horaires), et des riverains…
Le phénomène de concentration des commerces dans certaines rues serait également stoppé à partir du moment où le périmètre est étendu…
C’est presque une autre ville qui s’offre alors à nous simplement en réorganisant les circulations de manière audacieuse…
Les toulousains sont prêts à partir à la découverte de ce nouveau visage de Toulouse, les commerçants se mettent eux aussi à réclamer ces changements à condition qu’on leur garantisse la mise en place d’offres alternatives de mobilités, des plate-forme logistiques de livraisons modernes pour limiter les rotations inutiles, et le développement de l’intermodalité avec les lignes de tramway et de métro afin de permettre à la clientèle de la grande agglomération une facilité d’accès au centre-ville.
Les articles récents parus dans la presse locale laisse entrevoir un enthousiasme pour les projets de piétonnisation qui laisse penser que si hier les politiques étaient plutôt frileux pour bouleverser les comportements, aujourd’hui, s’ils veulent véritablement répondre à l’intérêt général, ils auraient intérêt à ne pas se laisser intimider par les quelques « ronchons réactionnaires » qui ne manqueront pas de s’exprimer par le biais de pétitions ou d’articles de presse.
Pour l’avenir, il nous faudra travailler sur la création d’espace piétonnier et de placettes dans les faubourgs, et sur la connexion avec la gare Matabiau, mais de cela nous aurons l’occasion d’en reparler…
Remarque : Un groupe Facebook a été créé pour encourager à une piétonnisation ambitieuse : ici

juin 29
Il y a des jours ou franchement… …le Parti socialiste me fatigue ! On vous parle à longueur de journées de démocratie participative, et lorsqu’une formation politique considère qu’il est sain que les électeurs aient le choix entre deux bulletins de vote, on sort la guillotine… L’histoire de Villeurbanne est racontée ici Béatrice Véssilier répond [...] [...more]
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Tags: Parti Socialiste
Il y a des jours ou franchement…
…le Parti socialiste me fatigue !
On vous parle à longueur de journées de démocratie participative, et lorsqu’une formation politique considère qu’il est sain que les électeurs aient le choix entre deux bulletins de vote, on sort la guillotine…
L’histoire de Villeurbanne est racontée ici
Béatrice Véssilier répond plus en détail sur les conditions de cette rupture dans cette interview
Rappelons que Béatrice Véssilier s’est maintenue au second tour des électio…ns cantonales alors que l’UMP ne pouvait de toute façon pas se présenter au second tour. Le PS n’a aucun argument de désistement républicain ou partisan.
Un seul argument : moins d’offre politique = moins de démocratie…
Le candidat du PS était déjà piteux d’être élu avec 11 voix d’écart, le voila maintenant honteux d’être élu sur l’argument antidémocratique…
Béatrice Vessilier a fait un travail remarquable pour le développement des transports en commun, le développement de projets d’habitat coopératif (le Village vertical), je ne comprends pas comment la gauche peut se permettre de se passer de telles compétences sur l’argument du maintien de la prédominance d’une de ses formation politique…
juin 27
Dossier complet de présentation de l’écoquartier Chers Collègues, j’ai donc le plaisir et l’honneur de présenter 3 délibérations sur le dossier de la ZAC de la Cartoucherie. Cartoucherie_delib_12 Trois délibérations qui sont importantes pour l’actualisation de ce projet et qui sont la concrétisation de 2 années de travail avec les élus, avec les services et [...] [...more]
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Tags: Cartoucherie, Ecoquartier
Dossier complet de présentation de l’écoquartier
Chers Collègues, j’ai donc le plaisir et l’honneur de présenter 3 délibérations sur le dossier de la ZAC de la Cartoucherie.
Cartoucherie_delib_12
Trois délibérations qui sont importantes pour l’actualisation de ce projet et qui sont la concrétisation de 2 années de travail avec les élus, avec les services et avec la population pour faire en sorte que ce projet passe du statut de simple ZAC et de projet urbain, prenne vraiment une dimension d’écoquartier.
• Quelques mots sur les enjeux de ce projet urbain. Comme l’a dit Monsieur le Maire tout à l’heure, depuis 2 ans la Ville de Toulouse se dote d’un véritable projet urbain à l’échelle de l’Agglomération. Et c’est dans ce cadre là, notamment le cadre de la lutte contre l’étalement urbain, que s’inscrit ce projet. Il nous est donné une occasion unique de réaliser sur 30 hectares une démonstration de la manière dont on
peut construire la Ville intelligemment. Une Ville agréable à vivre dans un secteur proche du centre Ville et desservie en transport en commun. Ce sont les enjeux principaux de la Cartoucherie. La Cartoucherie est située aussi à une entrée de Ville. L’avenue de Grande Bretagne est actuellement en travaux mais sera bientôt totalement reconfigurée. Ce sera aussi le visage que découvriront un certain nombre de personnes, qui prendront contact pour la première fois avec la Ville de Toulouse, si elles arrivent par l’Ouest Toulousain, ou encore si elles arrivent par l’aéroport en prenant la ligne Envol, qui sera réalisée en 2014. C’est donc important pour le projet de Métropole Européenne, que nous portons au sein de la majorité municipale, de réussir ce projet urbain. Donner à voir le visage d’une Ville contemporaine, conçue à la hauteur des enjeux du vingt et unième siècle, respectueuse de l’identité toulousaine.Voilà tout ce que nous portons aujourd’hui dans ce projet.
Alors tout d’abord un mot sur la procédure de travail qui a été la nôtre et qui s’inscrit aussi dans la procédure plus globale de la Fabrique Toulousaine pour définir le projet urbain plus global de l’Agglomération. Nous avons mis en place des forums de travail avec des riverains, avec des professionnels, de l’Urbanisme, de l’Architecture, des représentants du monde des promoteurs ou des bâtiments avec des bailleurs sociaux, avec des associations du monde la culture, du monde de l’environnement ou des personnes en situation de handicap et
avec des personnes représentants les équipements installés à proximité de cette ZAC. Ainsi nous sommes passés du simple statut de concertation autour d’un projet urbain au statut de coproduction du projet urbain. Et je pense que c’est une dimension importante de la notion d’écoquartier, faire en sorte que les gens, les personnes, les intelligences se fédèrent autour d’un projet et construisent le projet le plus intelligent possible.
Suite à ce premier forum de concertation un certain nombre de points creux ou on va dire de points faibles du projet, ont été décelés, et ont nécessité des études complémentaires que nous avons lancées tout au long de l’année 2009. Des études qui ont dialogué les unes avec les autres pour faire en sorte que, la question du stationnement par exemple dialogue avec la question du Commerce, de l’Energie, dialogue avec la question de la forme urbaine, ensuite conçoive une approche systémique de la conception d’un projet urbain pour arriver
vraiment à l’enjeu d’écoquartier.
Un deuxième forum a été organisé à la fin de 2009 et ce deuxième forum a été une forme de restitution envers tous les participants, envers tous les groupes politiques aussi, puisque j’ai oublié de le dire, mais l’ensemble des groupes politique était invité à ces 2 temps de forum prenant en compte aussi la dimension importante de l’apport que peuvent apporter les groupes de l’Opposition dans un projet urbain – et a fait l’objet d’une présentation en Commission de quartier en début de l’année 2010. Ainsi nous avons pu associer les habitants à cette construction là, et donner à voir, et arriver à un consensus sur les enjeux du projet urbain.
Quelques mots sur les grandes modifications de ce projet, je serai bref, nous aurons l’occasion d’en rediscuter. La forme urbaine a été largement remaniée avec les urbanistes autour de ce dialogue précédemment la ZAC de la Cartoucherie présentait notamment un front linéaire sur l’avenue de Grande Bretagne avec des bâtiments de la même hauteur qui faisait un effet barre, j’utilise les mots qui ont été portés par les riverains dans le forum. Aujourd’hui cette forme a été remaniée pour avoir une diversité plus importante sur ce projet là et
avoir un épannelage des formes urbaines qui sont plus variées. Ainsi nous arrivons à des hauteurs plus importantes à certains endroits, des endroits de 15 étages mais des hauteurs plus basses à certains endroits et des articulations, une entrée de Ville qui est beaucoup plus intéressante. Cette forme urbaine a été travaillée bien sûr avec le principe bioclimatique. Et les apports énergétiques sont valorisés. La place de la nature est importante dans ce quartier, avec une trame verte sur tout l’ouest et l’est, une coulée douce qui sera entièrement sécurisée.
Nous avons travaillé largement la politique de stationnement. Ça ne suffit pas de dire que l’on veut moins de voitures dans un quartier pour que cela se traduise directement par les faits, il faut une politique de stationnement ambitieuse que nous avons voulu la plus intelligente possible pour que les véhicules soient utilisés uniquement au moment où on a besoin des véhicules. Il y a donc des parking silos mutables en périphérie pour préserver les coeurs de quartier de circulation automobile ; et nous offrons surtout une offre alternative de transports. Avec des circulations douces qui sont largement préservées, une offre de stationnement vélo qui est largement mise en oeuvre notamment au sein des constructions et une politique de développement de l’auto partage. Pour faire en sorte que l’on puisse là aussi, utiliser la voiture uniquement quand on en a besoin. La voiture solo le moins souvent possible. C’est donc une politique réaliste à l’égard de la place de l’automobile en ville, mais une politique ambitieuse par rapport à ce qui était fait précédemment. Il y aura donc un îlot au sein duquel la place de la voiture sera fortement réduite, une gestion des eaux pluviales qui sera différenciée d’une manière à valoriser les apports des eaux pluviales et leur réutilisation. Les enjeux énergétiques sont au coeur du projet avec des bâtiments qui iront au-delà des préconisations simples – des bâtiments de basses consommation qui ont déjà des préconisations importantes- et nous étudions actuellement la possibilité de développer un réseau de chaleur sur l’opération et les bâtiments adjacents.
La mixité sociale est aussi en oeuvre dans ce quartier parce que selon nous, un écoquartier ne peut être un quartier réduit à certaines catégories de population et je rajouterai que aussi nous avons pris la dimension globale du projet et pas seulement sur le périmètre des 30 hectares, périmètre unique de la ZAC. Tout cela sera largement détaillé et vous pourrez consulter les documents et vous pourrez aller visiter dès le début de l’année 2011 la Maison du Projet. Le premier bâtiment qui sera réalisé ce sera la ZAC. Un bâtiment qui donnera à voir la maquette, les expositions. Il sera aussi un lieu de débat permanent sur l’évolution du projet urbain, qui sera un projet de construction sur une dizaine d’années.
Les équipements publics sont nombreux au sein du quartier. Je vais les citer rapidement : groupe scolaire, équipement Petite Enfance, une salle de quartier et des réserves foncières sont existantes pour des équipements futurs.
• La deuxième délibération concerne plus simplement le bilan actualité de la ZAC qui prend en compte ces modifications.
Pour lire la délibération N° 13
• Et la troisième délibération permet à la municipalité de travailler avec les urbanistes au-delà du périmètre simple des 30 hectares de la ZAC, de telle façon qu’on ait un schémas cohérent sur le développement du cadran Cépière-Garonne, sur un cadran d’une centaine d’hectares, même si la Collectivité n’a pas la maîtrise foncière de ce terrain. C’était pour nous aussi un enjeu important de telle façon à ce que ce ne soit pas un objet qui vienne s’intégrer d’une manière inadéquate par rapport à l’existant, mais qu’on anticipe le développement et les mutations futures sur l’ensemble du quartier. .
Pour lire la délibération N°14
Merci.
juin 15
Article paru dans la Dépêche du Midi du 15/06/2010 L’Euro 2016 de foot coûte-t-il trop cher ? 54 millions d’euros c’est l’estimation du coût de la rénovation du Stadium. DDM // Toulouse saura, d’ici huit mois, si le Stadium est retenu parmi les neuf stades français qui organiseront des matchs de l’Euro 2016 de football. Pour [...] [...more]
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Tags: Euro 2016, Stadium
Article paru dans la Dépêche du Midi du 15/06/2010
L’Euro 2016 de foot coûte-t-il trop cher ?

54 millions d’euros c’est l’estimation du coût de la rénovation du Stadium. DDM
Toulouse saura, d’ici huit mois, si le Stadium est retenu parmi les neuf stades français qui organiseront des matchs de l’Euro 2016 de football. Pour espérer accueillir l’élite du football européen, la mairie de Toulouse devra lancer un plan de rénovation et d’extension du Stadium, pour plus de 54 millions d’euros. L’État donnera entre dix et quinze millions d’euros mais à l’arrivée, la facture sera salée pour les contribuables. Sans aucune garantie que le Stadium soit sélectionné parmi les sites organisateurs. La mairie de Toulouse va essayer d’obtenir des informations pour savoir si la Ville rose, en concurrence avec Strasbourg, Bordeaux, Lens ou Saint-Étienne, est bien placée dans la course à l’Euro. Histoire de retarder le plus possible la décision de lancer (ou pas) les travaux. En attendant, Les Verts toulousains, opposés au projet, dénoncent le gaspillage de l’argent public.
Débat
Régis Godec : Président du groupe des Verts au conseil municipal de Toulouse
« L’argent public pourrait être mieux utilisé. Il y a d’autres priorités à Toulouse, par exemple les transports en commun ou la rénovation urbaine. »
Michel Charrancon : président de la Ligue Midi-Pyrénées Football
« Ce serait dommage que Toulouse rate une telle compétition. Il faut sauter sur l’opportunité de refaire le Stadium, qui ne se représentera pas de sitôt. »
L’organisation de l’Euro 2016 doit-elle être considérée comme une bonne ou une mauvaise nouvelle pour les finances publiques ?
Régis Godec. Incontestablement une mauvaise nouvelle. L’ensemble des douze stades français à rénover ou à construire nécessite un investissement de 1,7 milliard d’euros. Une grande partie va être à la charge du contribuable. L’État doit apporter 150 millions d’euros et le reste sera supporté par les collectivités locales. Les Verts ne sont pas des anti-football mais il faut mesurer les conséquences de tels choix. Il faut bien avoir à l’esprit que ces grands équipements vont rester à la charge du contribuable bien après 2016, comme c’est le cas pour la Grèce (Jeux Olympiques) ou le Portugal (Euro 2004).
Michel Charrancon. Ce n’est pas une mauvaise nouvelle, au contraire. L’argent investi sera réinjecté. Les hôteliers, les restaurateurs, les commerçants, les transports, etc. ne vont pas se plaindre si Toulouse obtient l’organisation de matchs de l’Euro. Il ne s’agit pas que de la rénovation d’une enceinte sportive, il y a tout le reste. Rénové, le Stadium sera rentabilisé. Il deviendra multifonctions et servira au TFC, au Stade Toulousain, aux rencontres internationales de rugby, aux grands concerts, à tous les spectacles autres que le foot.
54 millions pour rénover le Stadium, qui n’est pas certain d’être retenu parmi les neufs stades organisateurs, est-ce trop cher ?
Régis Godec. Parmi les projets, Toulouse n’est pas le pire. Mais sur les 54 millions exigés pour une simple mise aux normes, 80 % seront à la charge du contribuable. Et comme Toulouse ne constitue pas le projet le plus important, je ne pense pas que l’on touche le douzième des 150 millions d’euros promis par l’État. Il faut à un moment ou à un autre se poser la question de qui paye et se demander ce que l’on aurait fait de l’argent si on l’avait investi ailleurs. À Toulouse, l’argent public pourrait être mieux utilisé. Il y a d’autres priorités, par exemple les transports en commun, la diversification économique ou la rénovation urbaine dans les quartiers.
Michel Charrancon. Je ne crois pas. J’avais d’ailleurs chiffré beaucoup plus que 54 millions d’euros. D’abord, le projet de rénovation du Stadium est le dossier le moins cher parmi les douze stades candidats pour accueillir l’Euro. Il faut simplement l’agrandir, améliorer son confort ainsi que l’accueil du public. Des sièges plutôt que des repose-fesse, c’est quand même mieux. Il ne s’agit pas de construire un stade neuf, comme à Lille ou à Bordeaux, pour des sommes astronomiques.
Peut-on accueillir des rencontres de l’Euro à moindre coût, sans injecter autant d’argent dans la réfection des stades ?
Régis Godec. Ce qui est en question, ce sont les normes imposées par l’UEFA, qui obligent à telles dimensions pour les sièges ou tel type de local pour accueillir la presse. Le cahier des charges impose par exemple la réalisation d’espaces partenaires, de salons VIP, de régies TV ou de vidéosurveillance. Au bout du compte, on n’augmente pas réellement la capacité d’accueil. Ces investissements ne sont pas les plus judicieux. On pourrait abaisser les normes, peut-être en engageant au niveau national un bras de fer avec l’UEFA, et ainsi accueillir un Euro à moindre frais.
Michel Charrancon. Si l’on veut organiser des matchs de l’Euro à Toulouse, les travaux de mise aux normes sont obligatoires. L’UEFA impose à tout pays organisateur un cahier des charges extrêmement strict. L’objectif, c’est quand même de permettre au public d’assister à un spectacle dans de bonnes conditions d’accueil, de confort et de sécurité. On ne se pose pas la question de savoir si l’argent public est bien utilisé quand on refait la façade du Capitole ou que l’on repeint la Tour Eiffel. À ce compte-là, pourquoi réaliser une ligne de tramway jusqu’à Blagnac alors qu’on peut y aller à vélo ?
Peut-on se passer d’une telle opportunité lorsqu’elle se présente, au regard des retombées sur l’économie locale ?
Régis Godec. s’il y a des retombées, elles seront très ponctuelles. Le secteur du BTP sera content, quelques commerces au moment des matchs, mais dans l’ensemble, les retombées sur l’économie demeurent modestes. Mais bon, nous ne bouderons pas notre plaisir devant l’Euro ou la Coupe du Monde. Nous n’avons pas envie que l’on dise que Les Verts n’aiment pas le foot. N’oublions pas pour autant de se poser les bonnes questions.
Michel Charrancon. Ce serait dommage de rater une telle compétition. Les commerçants, les hôteliers, les restaurateurs vont bénéficier des retombées, certes ponctuelles mais non-négligeables. En 1998, lors des trois rencontres de Coupe du Monde organisées à Toulouse, c’était une fête fantastique. Il y avait un monde fou et je ne crois pas que l’économie locale s’en soit plainte. De plus, l’opportunité de rénover le Stadium en bénéficiant d’aides de l’État ne se représentera pas de sitôt. Si l’on améliore l’accueil, les accès ou la desserte par les transports en commun, ça profitera à tout le monde.
Repères
Le chiffre : 54
millions d’euros > C’est l’estimation du coût de la rénovation du Stadium. Elle a été évaluée par le cabinet d’architecture toulousain Cardete & Huet qui préconise de porter l’enceinte à 40 000 places. Le chantier porterait sur le remplacement des actuels sièges coques par des sièges avec dossiers sur 22 000 places. Un anneau de 8 000 places serait également construit dans le prolongement de l’actuel balcon, situé au-dessus de la tribune présidentielle, dans la partie nord. Enfin, l’enceinte deviendrait multifonctionnelle, ce qui permettrait d’organiser des grands concerts sur la pelouse. Le coût total, comprenant les travaux dans le stade pour 48 millions d’euros mais aussi les aménagements du parvis, les accès et la billetterie, est estimé à 54 millions d’euros. L’État s’est engagé à participer à hauteur de 10 % de la facture.